intimes-idées
Décembre 2006 décembre 2007
| Mercredi 6 décembre 2007
: " Comme une étoile solitaire
" Ça ma pris par surprise, sans prévenir, sans même que je puisse imaginer ce qui pouvait m'arriver Je marchais tranquillement à L , la banlieue chic de N : la vraie. Moi, jhabite aux Marinas, dans une réserve de classe moyenne de N Réserve naturelle gonflée de préjugés : ces endroit sécurisé où finalement la plus value vient du fait quon ne se mélange pas Moi après tout, jai succombé aussi à ces sirènes. Pour une seule vraie raison : celle de pouvoir vendre vite, au cas où dun coup ma vie changerait Mais, je sais bien que cela nexcuse rien Et je sais aussi quil ny a pas que cela. Quau fond de moi, je reste un connard. Qui sil ramasse les enfants brisés et se penche sur la misère (par lassistance psychologique et/ou sociale) à longueur de journée, la supporte uniquement de loin. Là, jétais chez mes parents, après leur déménagement, dans cette petite ville de banlieue de lest profond. Ville/village peuplée de gens qui fuient la grande ville et son " populisme ". Véritable réserve à la fois de la haute société bourgeoise, mais surtout de retraités middle class, légèrement bourgeois ou qui sy croient Petits ouvriers qui " se tiennent " et ne veulent plus se mélanger à la plèbe. Employés fiers de leurs classes. Retraités, classe hétérogène, abrités derrière ce mot générique qui cache la seule chose intéressante ici : combien de fric, de patrimoine Inutile de mapesantir sur ce que je ressens en traversant cette ville de snobinards-bobos. Limpression vaguement méprisante de me trouver dans une réserve de gens qui se trompent, qui ne vivent que comme au fond dune caverne en prenant les ombres pour la réalité. Passons. Sourire effacé devant les formules de politesse, les accents qui réapparaissent et trahissent derrière les polissages policés Je me marre devant ces apparences " sauvées ", cette tricherie, cette déformation légère de la réalité au nom de la bienséance. Cest quelque chose que je connais tellement bien. Cest presque dailleurs un héritage familial. Cest ça qui ma conduit à acheter une 206 S 16, pour " paraître " Avant de, ne la supportant plus, la revendre, avec pertes (mais sans fracas), - après psychothérapie uniquement -. Marrant quand même cette espèce dapparence glaciale et guindée quadoptent les gens " dici ". Ce contenu non verbal, latent dans chaque comportement qui dit quon " est dici ", quon est autre que la plèbe de N , quon a réussi On prononce un long " bonjourrrrr Madaaaaame " en entrant chez le libraire, balance un regard en coin, et un sourire moqueur, à ma gueule mal rasée, destroy, " rocknroll suicide " Et on fonce à la caisse payer son TéléZ ou Paris Turf Ils nessaient même pas dacheter " le monde " pour faire semblant. Les filles de mon âge, ne me font pas rêver non plus. Elles sont ici mères avant dêtre femme. Loin de faire tourner la tête du grand fracassé que je représente. Abord raide et givré de bourgeoises marchant dans les pas de leurs mères Je revenais donc, à pied davoir fait une course, et marchais tranquillement, dans ces rues tranquilles de cet univers campagnard au goût de réserve naturelle. Lotissements récents, divers et variés. Lignée invariable de maison récentes, jardin sur le devant, décoration style Ikea, petits rideaux mode Rien ne dépasse, rien ne bouge Les peintures laquées vernissent la surface, la tendent, la déguisent Quelques jouets denfants oubliés dans les jardins, affichent une réussite familiale tranquille, le monospace ou le 4X4, garés devant, se chargeant daffirmer la réussite sociale voire professionnelle. Les classes moyennes, vraiment moyennes (là où je me place au fond), affichent le même type de bagnoles, des occases, bien entretenues, qui veulent passer à travers le miroir Et, cest là, que finalement, tout bascule et que je passe moi même à travers le miroir En défilant devant des petites maisons, pas trop chères sans doute Je me rends compte dun coup que ces maisons pourraient appartenir à des instit, et quen fait, lune dentre elle pourrait mappartenir. Que ma destinée devait tout droit me mener là Auprès dune fille sans orages et sans histoire Jaurais dû Jaurais pu Tous les fleuves qui conduisaient ma vie devaient me conduire sur ces rivages sans couleurs. Je vois des vies minuscules qui sétalent là dedans. Destinées unicolores qui représentaient pourtant ce à quoi jaspirais avant Avant Virginie, avant France ; il y a sans doute un million dannée maintenant Et je vois défiler cette étrange apparence que me renvoient ces rideaux croisés, ces meubles sans âme, esquissés derrière les doubles vitrages. Reflet dune vie rangée comme une boîte et étroite comme un carré dessiné par quatre allumettes Vie fermée à double tour, protégée et hermétique. Vie dinstit moyen. Vie moyenne aussi Entre les deux gosses et les allocs, Assez dargent sans doute, sans être bousculés par les heures de travail, pour deux ou trois plaisirs mensuels. Une vie au ralenti entre les poussières à faire et le break ou le monospace à laver. La téloche le soir, les chaîne satellites Deux ou trois trucs pour faire semblant Enterré vivant dans une boîte scellée dun ruban adhésif " Camif " Seul lamour ravageur que jéprouvais pour France aurait pu changer quelque chose, me faire supporter ce virage à moi qui navait dans la tête que des rêves de flight-case et damplis, de Strat et de telecasters, de Boeings et dAirbus, de temples bouddhistes ou hindous et de Jeep. Moi qui ne veux plus maintenant que sauter davions en avions, de franchir les parallèles, de brouiller les lattitudes, de changer mes attitudes Envie daider aussi, de trouver un sens à ma vie dans cette assistance aux autres. Assistance discrète et voilée Je me demande comment jaurais pu supporter cette petite vie normale et moyenne. Moi qui ne suis quun médiocre, jétoufferais quand même je crois dans cette vie tupperware ou lon ne fait que semblant Seul lamour torrent qui mavait emporté comme un tsunami aurait pu me faire accepter ça sans que je men rende compte. Mais cétait il y a si longtemps Et je voyais ma vie tellement différemment Mais, je nen suis plus là. Je vois ici le reflet du fric qui domine le monde, cette fauchetonnerie de lascension sociale et tous ces faux semblants. Cette fierté dêtre " ailleurs ", damasser des sous. Dêtre diffèrent et de cultiver cette différence. Davoir des enfants différents des miséreux des écoles, de sen être sorti. Tout est là, latent, derrière ces rideaux Ikéa. Ces classes qui ne luttent plus. Qui senferment et se croient hautaines, heureuses de sêtre hissées sur la pointe des pieds à léchelon supérieur. Amassant frics et " culture " pour permettre à leurs enfants de vivre mieux.. Eternelle ascension sociale à la française, comme lillustrait Pompidou, devenu président de la république en étant fils dinstit Quest ce qui a pu me faire penser autrement, moi qui avait tout pour plonger là dedans ? Les errances de ma psychologie dévastée ? Mon inadaptation mentale psychothèrapiée ? Je ne sais pas, je nen saurais jamais rien sans doute Ma vie nest pas " dêtre monté ", dêtre le simple avatar hautain du fils demployé et douvrier devenu middle class. Ma vie nest pas davoir le sang pur quand je suis issu dune lignée de charpentiers en métal qui suaient littéralement la rouille Javais un truc en moins, ou un truc en plus. Mais je fais un bras dhonneur à cette existence qui métait promise, celle dêtre celui qui a faiblement réussi. Réussir sa vie,(surtout à un aussi humble niveau que le mien), nest pas réussir dans la vie Je nai pas envie de cette réussite, trop oublieuse de la réalité. Un peu comme ces ouvriers communistes qui bien que fortemement militants, gagnent au loto et investissent dans les actions des mêmes esclavagistes que ceux qui les " opprimaient " avant Cest à ça que je pense quand je ramasse, quotidiennement, des familles et des enfants brisés , quand je côtoie la misère et la douleur. Javais tout pour cacher une vie moyenne derrière ces doubles rideaux, pour abriter une vie dinstit médiocre et pourtant inespérée pour moi. Mais je nétais pas fait pour ça, au fond de moi. Ce nest pas à ça que jaspirais. Je nétait pas prêt à supporter ça. Javais besoin de foutre tout ça en lair, et de démolir les passerelles Pourquoi reproduire ? Pourquoi me reproduire ? Pour mener la même vie baroque, la course à lhéritage pour les enfants ? Déjà ne plus vivre que pour eux ? Allons bons ! Je nai aucun fantasme de propriétaire moi. Rien à transmettre Je pense intuitivement, au fond de moi, quil faut brûler sa vie, se construire et non la construire Vivre comme un étoile qui brille avant de séteindre Et je croise ces bobos moyens, je les vois se presser vers leurs maisons. Moi qui nai aucune allure, qui me sais laid et vieux. Moi qui sait être sur le bord de la route parce que je n attire personne et ne mérite même pas leurs étroites petites vies. Je me dis que jai en moi quelque chose en plus, ou peut être en moins Mais que finalement, je suis content davoir. Ce besoin de colorier ma vie, de la conduire, de la prendre en main. De " ne pas monter bien haut, peut être, mais tout seul " Je croise une bobos bon teint qui pourrait être jolie, si elle nétait pas si fade, ses yeux tombent sur moi, elle les détourne aussitôt Javance les poings dans mon blouson, portant un treillis fatigué. Je suis devenu cette antithèse, celui qui a perdu sa route. Mais maintenant, jen suis heureux. Je sais bien que je suis tellement loin que je nen reviendrai jamais, mais justement, je nai plus envie de revenir |
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| Dimanche 7 janvier : " 5
minutes de soleil en plus
" Généralement, quand je voyais les journaux des " copains " en friche comme le mien, je me disais que cétait bientôt la fin, quil seraient bientôt hermétiquement clos Pourtant, Remboy, Chat fou, ont déjà connus de grands breaks et sont toujours revenus Et cest au tour deIntimes idées dêtre plutôt en friche Cest un peu ce que je ressens, je nai pas vraiment envie de lâcher Intimes idées, jai souvent envie décrire. Mais jai peu de temps, plus vraiment de chose à dire, plus vraiment besoin de mépancher. Mon accès à Internet est extrêmement aléatoire, problématique, ce qui ne mencourage pas à écrire Qui plus est, ladresse alpine.blue@wanadoo.fr est la proie de délicieux spammers qui me balancent 200 messages par jour (pour me vendre du Viagra ; remarquez,, cétait dactualité dans intimes-idées, il y a quelques années, mais plus maintenant ; il devraient se tenir au courant : Zont quà demander à Virginie). Inutile donc de menvoyer des messages à cette adresse, ils sont invisibles, perdus dans les centaines de pubs qui envahissent ma boîte. Je cherche actuellement une solution Bref, en ce moment tout est construit pour que je naie ni le temps, ni les moyens techniques dentamer une communication avec vous (mais ça ne mempêche pas de le faire). Tout ça pour dire que Me revoilà. Au moins pour un petit moment Bon, ça cest fait. Je suis toujours temporairement avec Virginie Je veux dire que la relation est toujours en pointillés et que ça me va très bien. Ce qui me gêne de plus en plus cest que Virginie me dit quelle maime. Jaimerais mieux quelle se contente de me désirer. Mais cest comme ça. Pour le moment ça marche bien entre nous. Cest déjà ça. Etrangement, (et heureusement), on décrit toujours nos vie comme séparées. Je crois quil en sera toujours ainsi Bref, Virginie prépare ses vacances dété en Provence quand je ne rêve que dInde et de ski cet hiver Dieu seul sait si on sera toujours ensemble à ces moments là Et au fond, ça na aucune importance. Je mange toujours mon antidep tous les matins. Par négligence, jai omis de le prendre trois jours de suite. La sanction ne sest pas faite attendre Non pas une farandole didées noires, mais une belle ribambelle de vertiges Jai idée que le sevrage, si sevrage il y a un jour, sera bien difficile. Bah, pour linstant, jingère mon dopant la plupart des matins (joublie assez souvent), et ça ne se passe pas si mal. Je ne remarque rien de fabuleusement diffèrent avec, mais bon, rien de moins bien non plus. Donc, je prends les pilules Je me suis grillé avec le groupe que jaccompagne le mardi Un soir de raz le bol Je vous raconterai Bref, je vais être plutôt libre le mardi soir Jai taillé un costard violent à leur répertoire et surtout à leur état desprit par mail et les réponses ont été violentes Marrant : ils font tout pour conserver leur identité : " petit Bonhomme en Mousse et tagada Tsoin Tsoin " Ils nauront pas besoin de me pousser dehors, je men irai tout seul. Jai depuis longtemps envie de retrouver le cinéma dArt et dEssai que je fréquentais quand jétais étudiant Ce créneau de liberté le mardi soir me convient très bien. Restera à Déciphonie de continuer leur carnaval et leur musique de fanfare au nez rouge sans moi ! Effet de lantidep ? de la psychothèrapie, de Virginie ? En tous cas, je les ai envoyé se faire plumer sur Mars et je men félicite Un bon coup daffirmation de soi Et quand on commence à être fier de ses erreurs et de ses OPA, quand on commence à afficher sa grande gueule et sa mauvaise foi, ça doit être quon va mieux En tous cas, jai limpression dêtre un mouton qui a bouffé de la nitro Sus à la connerie Ou jaffiche le souhait de ne plus lentretenir. Jai fait ce que jai pu pour que le groupe prenne un virage qui me permette de continuer à my investir, vu le résultat, il ne me reste plus quà partir Et jen suis fier ! voilà Au niveau professionnel : jai quelques dossiers en retards, mais cette année, je men fous ! Je tente des choses, je mets en place des trucs, si je me ramasse : je corrige. Sans la pression de lexamen, je me sens largement mieux, tranquille dans mon rôle, même si jai déjà envie daller voir ailleurs... Jai reçu les vux de certains amis et notamment ceux de France et de Marine France ma envoyé ses vux (rédigés de manière très personnelle) à 23 h 59 le 31 décembre Elle devait vraiment samuser comme une folle pour navoir que ça à faire à cette heure là Le tout après un silence dau moins 15 jours Impossible de comprendre. Comme dhabitude. Et ça me touche pourtant toujours autant, comme chacun de ses messages dailleurs Comme dhabitude aussi. Passons. Lannée dernière, Marine mavait déjà étrangement troublé lors de ses vux Au début de cette année, Christelle, une ancienne collègue du temps où jétais instit mavait dit de contacter Marine, car elle lavait rencontrée et quelle lui avait dit plein de bien de moi et quelle avait envie davoir de mes nouvelles. Javais négligé dappeler Marine. A quoi bon ? Là, jai reçu un message de vux étrangement ambigu Je me suis demandé si Marine, en écrivant : " je tenvoie mes vux, accompagnés de baisers ", a bien réalisé ce quelle écrivait. Marine qui sait très bien que jétais très amoureux delle il y a cinq ans maintenant et qui na jamais écrit des textes comme celui-ci Là encore, autrefois, jaurais tiré des plans sur la comète et me serais tissé un costume de séducteur bon teint. Mais plus maintenant. Maintenant, je sais Et lantidep maide à accepter la cruelle vérité Le reste na plus dimportance. Je nappellerai pas Marine. Même si... Je me déteste physiquement. Bon, ça maintenant, on en a lhabitude Jai pourtant enfin trouvé un gel qui fixe ma coiffure sans " frisotis ni effet raplapla " (si ! cest marqué sur la notice). Bon, le premier jour jai été content de retrouver une gueule assez proche de celle que jaimais avant Jai donc trouvé une solution (enfin) à mes problèmes de coiffure. Mais très vite, jai oublié la plus value de cet effet, et je me suis à nouveau haï à plein tube ! Quoique je fasse maintenant, je me trouve toujours aussi moche et les nouvelles fringues, le nouveau gel ne changent rien A mon avis, cest foutu ! Et je naime pas du tout non plus ma peau qui commence à afficher le poids des ans. Lannée dernière je faisais encore 5 ans de moins que mon âge, mais là, cest mal barré. Jai limpression que je ferai bientôt 100 ans de plus (si vous avez une pub de crème de jour pour homme : pensez à moi !) Pour mes fringues, jai trouvé lidée géniale Jai demandé à Virginie ce quelle en pensait. A priori, elle pourrait être de bon conseil ; même si il faudra calmer ses " chevaux sauvages " ! Je la trouve habillée très à la mode et dune imagination débordante, je crains si je suis ses idées de me retrouver habillé comme un clown rapper Je ne suis pas certain que ce serait de bon ton avec mon côté réac et empesé On verra donc bien Nempêche, ce sera toujours mieux que mes fringues transparentes et sans âmes. A ce sujet, on est extrêmement dépareillés, elle et moi Cest assez drôle. Dans les rues et les magasins, les regards vont delle à moi Je pense quon se rend bien compte quon na rien à faire ensemble Cest plutôt amusant La fille belle, élancée, et à la mode et le mec moche, lourd et habillé comme un con. Marrant. Pour linstant dailleurs, mes fringues attendront Je suis rincés à bloc, pour la première fois de ma vie Cela fait trois mois que je paie de lourds tribus : impôts fonciers, locaux, puis assurance auto Taux dépargne par mois : 0. LInde se barre à tire dailes... Je ne mets pas un sou de côté, voire parfois, je me vois obligé de tirer sur ma réserve indienne Pour les fringues ça attendra Cest dur dêtre un petit fonctionnaire (ironie). Bref, je suis loin de me plaindre (jaurais pas le droit !), mais je suis quand même raide comme un passe lacet (je viens de laisser en deux mois, plus dun mois de salaire aux impôts !). Cest nouveau pour moi, de toucher le rouge ! Finalement, je teste tout en ce moment ! A mon avis, mon banquier est moins content que mon psy. Virginie commence à être jalouse et javoue que je ne trouve pas ça très drôle Cette relation mest à la fois plaisante, mais me prend trop de temps, déjà. Jaidit ici combien jai besoin de temps pour moi. Et ce quelle rajoute en suspicion me pèse. Particulièrement quand elle pense en plus réorganiser sa vie. Je ne suis pas prêt pour ma part à remettre la mienne en question. Pas denvie delle à plein temps Je suis soulagé quand elle recommence à évoquer un long terme où nous sommes séparés ; mais ce nest souvent que transitoire. Je ne sais pas ce que jattends de cette histoire. Je ne sais même plus ce que jattends de moi. Une présence féminine me plaît, mais le couple menferme Je suis trop individualiste en effet. Trop centré sur moi comme Wittner me la dit. Quand Virginie parle comme ça, je lui parle dune relation à prendre au jour le jour, cest la seule façon de la prendre pour nous. Virginie boude un peu, puis en convient Je vis au jour le jour, et jaime ça finalement Dailleurs, le simple fait de penser à Marine et à ses " baisers rédigés en messages électroniques ", à France et à ses vux de minuits montre bien que je nai pas trouvé encore en Virginie, didéal féminin. Si seulement il en existe un Je ne crois pas en lâme sur. En tous cas, moi, je nen ai pas. Ou alors, elle doit être sacrèment tordue ! Etrange quand même comme je peux ne pas tomber amoureux dune fille idéale comme Virginie : belle intelligente Peut être est ce que je souffre de nos importantes différences culturelles dont jai déjà parlé ici. De toutes façons, il mest inutile de chercher une fille qui ait la même culture que la mienne, cest impossible Dailleurs, ce serait bien compliqué pour elle : elle serait sous Prozac ou Deroxat et passerait tout son temps en psychothérapie. Voilà en bref toutes les nouvelles en ce début dannée Jespère écrire ici à nouveau très bientôt En tous cas, jai des idées décriture et jen ai envie. Reste à trouver le temps et surtout davoir laccès à Internet PS : en attendant vous pouvez mécrire ici : alpine.yellow@wanadoo.fr ; je suis désolé si vous navez reçu aucune réponse à un message antérieur Il a sans doute été perdu dans le spam. Je vous présente toute mes excuses pour ça Nhésitez pas à mécrire à nouveau Je réponds toujours ! |
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| Dimanche 14 janvier :
" avoir pensé limpossible et dans
un soupir du temps lapercevoir
" Le soleil est revenu sur la Lorraine. Les jours rallongent et jouent bien entendu sur mon état desprit. 5 minutes de soleil en plus jouent toujours sur moi. Je me souviens, il y a longtemps de cette aspiration au " renouveau " qui mavait pris quand je travaillais ma guitare électrique en début de soirée. Je me souviens de ce bien être qui naissait en moi comme je contemplais ce ciel clair à lheure ou avant, il faisait noir Ces prémices du printemps, qui jouent et repeignent invariablement, en bleu, mon moral Javoue me sentir bien en ce moment, peut être est-ce aussi leffet des antidep, ou simplement leffet du temps Jai eu un peu peur, car Virginie a commencé à parler de " vivre ensemble ". Javoue que cela ne ma pas fait rire du tout. Elle avait beau me dire que je ny étais pour rien, je me sentais étrangement coupable. Jétais devenu étrangement soucieux. La relation avec elle me plaît dans linstant, mais je nenvisage rien à long terme. Chaque instant est beau justement parce quil est éphémère et quon nimagine pas du tout davenir. Là, Virginie changeait unilatéralement, les règles du jeu, et cela ne mamusait plus. Mon monde sest effondré en quelques heures et jai porté un stress assez lourd tout au long du début de semaine. Virginie me décrivait des soucis, des décisions à prendre Un instant, mon moral sest plombé, je me suis senti pris au piège, douloureusement enfermé dans des obligations que je nenvisageais pas Etrange point de vue de quelquun qui pourtant ne voyait il y a peu que par le couple. Je ressentais ce besoin instinctif de sauver ma petite vie égoïste. Et jai compris là que je navais pas du tout envie de former un couple. Javais un besoin profond de rester libre sans attache ou en tous cas, sans programmation de vie Les velleïtés de vie en commun ont fini par devenir moins importantes, Doucement le climat sest apaisé et Virginie a continué de parler de nous comme de deux entités séparées. Elle sest remise à évoquer notre relation en pointillés et jai trouvé ça bien. Même si au fond, dans ces cas là, elle me manque parfois un peu, je suis bien mieux comme ça que les mains liées à un avenir que je ne souhaitais pas. Etrange destinée que la mienne maintenant. Trajectoire boule de flipper, sans engagement, besoin intense de vivre pleinement pour moi, de vivre ma vie en en tenant les commandes à pleine main, ou en tous cas, en en ayant lillusion. Sa jalousie, la sensation denfermement que me procure la vision de notre avenir selon Virginie me pèse lourdement. Je nai pas envie davenir, pas envie de calcul et dune vie rédigée sur du papier quadrillé. Je veux sortir des lignes, tout inverser sur un coup de tête, vivre ma vie comme si je vivais cent vies. Professionnellement, je vis détrange victoire dans les " rééducations " que je mène. Je sens tout étonné les changements se produire chez les enfants/adolescents que je suis. Je me sens souvent tout étonné du résultat, mais content quand même. Un peu comme quand on se réveille étonné davoir dormi. Moi, je suis étonné que " ça marche ". Jai perdu déjà cette politique de plans daction et de dossiers qui mavait tant pesés lannée dernière. Je fonctionne plus au feelings, à lidée Je suis surpris que ça marche si bien. En revanche, mon supérieur hiérarchique ne peut plus mencadrer, Dieu sait pourquoi. Je soupçonne deux vieilles harpies très " brosse manche ", de menfoncer pour mieux se mettre en valeur. Du coup, cet abruti na destime que pour elles et condamne ouvertement les 8 autres personnes (dont moi) qui travaillent pour lui. Pour linstant, je supporte ; son estime mest complètement indifférente, et je suis particulièrement fier de ne pas être très bien vu dune hiérarchie aussi idiote. Il me paraît tellement évident que quand 2 personnes sur 8 seulement travaillent correctement, cest soit quon se trompe sur leur compte, soit que le service est bien mal géré ! Je crois quil y a peu, ça maurait gêné. Las pour lui, la psychothérapie, et ma bonne note à lexamen de lannée dernière ont transformé le pigeon en aigle. Jattends mon heure pour déchirer la " gueule " des deux harpies dont je sais quelles nont pas raison. Ça me ferait bien marrer quelles emportent, ce gros imbécile de chef dans leur chute. Je suis persuadé davoir raison, je le sais, même Cest peut être dangereux de penser comme ça Je suis juste en train daiguiser mon tir, je me connais suffisamment pour savoir que ça va faire mal quand jappuierai sur la gâchette. Ma formation en socio/psycho de lentreprise, me sert assez pour servir ma stratégie personnelle Je me demande si cest leffet des antidep ou simplement, ma personnalité nouvelle, ou encore ma remontée destime de soi que me procure ma relation avec Virginie, mais je me sens comme un mouton qui a bouffé du lion. Loin de me déprimer, ce fait dêtre mal considéré que je prends (peut être à tort, mais ça mest égal) comme une injustice, me donne envie de coller de bons coup de pieds dans la fourmilière Jai changé, je mijote un moyen dassener mon point de vue au lieu de ressasser des idées noires. Je vais sans doute flinguer mes ailes contre le mur des illusions perdus, mais sans doute pas sans faire de dégâts Je vous tiendrai au courant. Au niveau professionnel toujours, ça me fait tout drôle davoir enfin un bureau à moi, et même des annexes dans une école et centre social Etrange changement de perspective à moi qui nai toujours connu que lespace public et collectif de ma classe de moyens. Jai pu décorer mes espaces de photos du Vietnam, de quelques images de Camus, Malraux, Saint Exupèry, sous le verre de mon bureau Je peux me faire un thé bouillant entre deux consultations/rééducations Je me sens assez bien Dans lécole où jinterviens, je suis reçu comme dans un jeu de quilles, je dispose juste dun espace dans une salle qui mest normalement dévolue mais que tout le monde peut utiliser Je tombe donc justement, dans une salle, sans chaises, sans table ou sans bureau (compliqué pour mettre en place des consultations ). Une fois, je suis même tombé (jarrivais avec la psy !) sur une ribambelle de punis, laissé dans notre local sans surveillance Nous qui sommes censés travailler dans un espace rassurant, cétait réussi ! Et bien entendu, tout laffichage que nous y laissons finit régulièrement en miettes Passons Bref, la vie continue, sans trop de choses à dire, sans trop de chose à raconter Ma vie devient ordinaire, je vais "trop mieux " sans doute Je ne voyais pas ma vie comme ça. Je ne pensais pas tomber dans lordinaire. Ma vie davant, languide et fade avait quand même la puissance de lextraordinaire Jattendais finalement limpossible, davoir une vie extraordinaire ; je pensais que ma psychothérapie allait my conduire. Je savais, sans me le représenter que jallais tomber dans une vie simple et douce mais froide ou les feuillets de calendriers seffeuillent sans bruit Et, cest pourtant vraiment ce que je vis. Et jen suis étrangement satisfait. Les temps ont changé Dimanche 4 février : " sevrage " Cest étrange comme les jours sont plus longs. En fait ce nest pas vraiment étrange, cest même complètement normal. Non, ce qui est étrange, cest ce sentiment de plénitude qui me prend au crépuscule Ces quelques minutes de soleil en plus chaque soir, me font du bien, sans que je sois capable den prendre conscience. Cest un peu comme si je volais deux ou trois secondes de temps au destin Cest bien Du temps, justement, jen manque actuellement. Je suis dailleurs fatigué au possible, ; essoré, en plein burn-out. Je passe mon temps à courir pour mener plusieurs vies de front : celle que je vis avec Virginie, celle que je mène pour ma famille (et bien entendu, les deux vies sont clairement délimitées, sans passerelles, ni imbrications), et ma vie professionnelle à laquelle, je sais bien que je ne consacre pas vraiment suffisamment de temps Elle men demanderait beaucoup et je nen ai plus. Cest aussi ce qui explique un peu mon absence ici. Virginie est toujours chez moi aux moments où dhabitude jécris : cela mempêche donc de me livrer ici. Alors que jen ai puissamment besoin. Je narrive plus vraiment à conjuguer le temps, à y faire face. Mon temps file et coule, comme jaillissant dun sablier géant qui sest soudain accéléré. Virginie et mes parents se partagent mon temps libre Le reste du temps, est consacré à mon travail. Je ne lis pratiquement plus, juste quelques lignes chaque soir de " De Sang Froid " de Truman Capote. Récit prenant si il en est et qui pourtant ne parvient pas à marracher du sommeil qui memporte à la vitesse grand V chaque soir Donc, javance. Doucement, certes, mais javance quand même. Je ne fais plus trop de chose Je travaille parfois, le dimanche, deux ou trois mesure de blues sur ma guitare, mais rien de plus Aller accompagner Déciphonie est une charge digne du bagne que jévite une fois sur deux Quant à Feelings, ça commence aussi à le devenir Jai fait le tour de mon aventure musicale. Jen suis, je crois au bout du chemin. Il est temps de refermer létui de la basse. Jai un étrange besoin de glandage, dahurissement et dendormissement général et seul Besoin dêtre isolé dans mon cocon sans compte à rendre à personne, juste avec une simple envie de latence Les quelques minutes de soleil en plus qui saccumulent chaque soir, comme autant de cadeau Bonus, me plaisent et sont comme autant de plaisirs doux et inutiles Un soir donc, je tirais les volets bleus des Marinas. Un soleil doré tombait sur les arbres et en découpait chaque feuille en ombre chinoise. Le monde était beau, et jai ressenti une sorte de bonheur plénitude, un instant de plaisir immédiat et foudroyant. Le charme de linstant me touchait droit au cur, dun coup Limpression intense dêtre pleinement heureux, violemment emporté par la grâce absolue de linstant Virginie venait de partir Mon logement mapparaissait comme un cocon bienveillant et doux, nappartenant quà moi et plein de charme. Je me suis senti bien, adulte, riche de tout ce qui me manquait jusqualors Je me suis rendu compte que cette vie étrange et en transition, me convenait bien Que doucement, mes carences affectives se comblaient, que ma sexualité autrefois défaillante était en train de se construire, que javais traversé le miroir sans men rendre compte et rogné mes ailes de Peter-Pan, et que si je nétais pas sûr quil me soit facile de ne plus voler, au moins, cela se faisait naturellement, et les compensations m apparaissaient après tout positives Etrange moment à vivre que celui où les rêves denfants ont tant de plomb dans laile quils seffacent et disparaissent Et que tout cela devient sans importance Je me rends compte dun coup quil nest pas si difficile de remettre les pieds sur terre, même si bien entendu, en moi, se distillent encore des rêves plein dimaginaires et de folie Rêve dInde, rêves dHumanitaire, rêves impossibles Mais, ils me sont aussi utiles que ma pilule quotidienne dantidep : mirage fétiches et fantoches qui aident à vivre le réel. Lapprivoiser Je vais mieux, cest certain Je demeure toujours instable et emporté par un émotionnel et un imaginaire plein dabsolu, mais globalement, je suis heureux Cest en tirant, le dernier volet que je me suis rendu compte de ce bonheur léger quenfin je frôlais Sans doute le rayon de soleil y était il pour quelque chose Je revois encore linstant, je serai capable de le décrire tant mes gestes sont ancrés en moi. Quest ce qui ma fait pensé à France à ce moment là ? A France et à son fils ? Impossible de le savoir, mais le fait est que jy ai pensé Et que je nen ai pas souffert Cest déjà en un sens plutôt étrange. Mais ce qui sest établi lest plus encore Jai compté les semaines depuis mon dernier mail sans réponse Il y en avait beaucoup, et je navais plus vraiment envie de relancer la machine Plus besoin de demander laumône dun contact. Du reste, je ne le faisais plus depuis longtemps, en conscience, mais là, ce sentiment était devenu réflexe, automatisme Je navais plus vraiment besoin de France, et cétait maintenant intégré en moi, sans que jaie besoin de me dire que son absence était meilleure pour moi Je navais plus besoin de me forcer de ne pas la contacter, cela se faisait tout seul. Son absence ne me pesait plus. Jétais convaincu, au fond de moi, quelle était même bonne pour moi ! Je me suis demandé si jaurais aimé à nouveau sortir avec Elle, si Elle représentait toujours mon idéal féminin Je me suis aperçu que si la réponse était oui aux deux questions, lensemble des chose sétait quand même nuancé. Que je nen étais plus justement à lidéaliser complètement et quau fond de moi, se dessinait enfin lenvie dune autre. Une fille qui ne serait pas France. Qui serait peut être comme elle, mais une autre quelle. Jai eu lintuition dun coup dun sevrage, de la fin dune dépendance Jai compris à ce moment à que France ne me manquait plus. Quelle appartenait à un passé joli mais rien de plus. Mon évolution me conduit à me rendre compte de toutes mes erreurs de boussole, me permet de constater que je nétais pas prêt à aimer à ce moment là. Que finalement, tout ça nétait quune deadline. Je le regrette mais je ne peux plus rien y changer Je ne minquiète plus dElle, jai compris et je suis capable denvisager sereinement que nous sommes définitivement séparés, deux entités qui ne se retrouveront jamais Jen avais, je crois toujours le secret espoir, au fond de moi. Le temps et la psychothérapie ont fait leur travail. Jai fini de redouter quelle ne rencontre quelquun dautre, quelle ne fasse un deuxième enfant. Et, jai fini aussi de devoir me raisonner pour penser comme ça. Cest devenu un réflexe, une sorte dautomatisme. Les choses se sont passées delles mêmes. Son absence a doucement lissé la souffrance, nivelé les maux. Je la sens toujours aussi belle, toujours aussi idéale, mais plus pour moi. Je la trouve salie par son passé, sa dévotion à A , par aussi tout ce quelle ma fait subir et quétrangement javais dépassé à lépoque. Je la trouve ternie par sa petite vie moyenne. Sa vie nest pas intense, elle est glaciale et vide au point davoir son enfant comme ultime réconfort. Cette vie minuscule que jidéalisais auparavant et qui aujourdhui me dépasse complètement Je suis devenu un autre homme et si je hais toujours ma personnalité si je déteste mon physique, jaime un peu lhomme que je suis, sa destinée, ses envies. Jaime mon idéal sur la vie, mes envies dailleurs, mes besoins despace. Jaime ma maison peuplées dobjets du monde Jaime ce que je représente, même si je hais ce que je suis Etrange point de vue sur lui même dun homme au carrefour de sa vie, contemplant à la verticale ses errances. Légers regards sur un passé calciné qui ne me brûle plus Le travail de deuil sest sans doute fait en profondeur. Même là finalement, je me singularise et maffirme. Je sentais aussi ce changement latent au cours des derniers mois, cest maintenant un fait Virginie a sans doute été lultime remède. Jai pourtant toujours un peu de tendresse pour France, Elle est toujours un peu importante pour moi. Mais sa vie est maintenant éloignée de la mienne et je n'envisage plus, même à très long terme de passerelles. Javoue concevoir un peu de mépris pour sa vie avec cet imbécile de A... Etrangement, je ne crois pas valoir plus que lui, mais en même temps, le peu destime de moi que jai grapillé récemment me conduit à ne plus me mépriser, et finalement à admettre le choix de France comme un choix de vie. Cela ne me rend plus triste quelle ai choisi cette vie étriquée. Je conçois au fond de moi un vague " tant pis pour elle " : Virginie est bien capable de maimer, elle Jai un peu limpression de ne plus être ce fantôme noir et sans attraits, je suis devenu un autre. Et si France a préféré une histoire de vide et de devoir à laventure de glace et de feu, je me dis que cest un choix quelle a fait en conscience. Même si jai changé et que je maffirme, javais déjà au fond de moi, les signes de lexistence que jai maintenant, et quune autre apprécie. Certes, il reste que lAxel que France a connu était juste une esquisse de celui quil est maintenant et il faut bien admettre que je nétais pas prêt à laimer. Comme le disait le petit prince, jétais trop jeune pour savoir laimer Mon âge moral nétait pas mon âge réel. Finalement, nous navons pas su nous envoler parce que jétais encore un Peter Pan Ce Peter Pan que je suis dailleurs toujours un peu. Je suis trop bouddhiste pour regretter. Je sais bien que le temps fait son uvre et change les choses. Quon ne peut juger son passé quà la lumière que de ce quon est devenu Jai moi même trop changé pour lignorer. Le dernier volet sest refermé Mon séjour est sombre ; je fais jaillir la lumière de la suspension " Bullit " et une auréole chaude illumine le parquet Mon intérieur glacé et net sétale entre Steve Mac Queen et Hemingway. Je me sens un autre. Au loin, ma malette de Test Psy, revêtu de son inscription "KABC " témoigne de mon changement de position, comme autant de marques que non seulement jai largué mes amarres mais aussi déjà trouvé une nouvelle terre Je me sens diffèrent, étrangement diffèrent Ni tout à fait le même, ni totalement un autre Je deviens moi. Cest tout |
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| Lundi 5 mars :
Quelques jours de vacances. Jai quelques jours de vacances et mes envies décrire reviennent en force. Sans doute aussi parce que jen ai la possibilité. Le soleil revient par taches colorées et puissantes. Prémices dun printemps qui fera du bien. Printemps que je vivrai différemment des autres ; parce que je suis devenus un autre. Mes envies dIndes se structurent et sorganisent Je commence à envisager une autre parenthèse, un autre soleil. Je calcule, jenvisage. Les choses se mettent doucement sur rails. La suite sinstalle au prochain numéro. Je me sens un peu comme lannée dernière quand sous le froid de décembre, jenvisageais comme un réconfort le soleil des tropiques. Sauf que là, je nai plus besoin de réconfort. Jai juste une envie daventure. Jimagine que cest juste une piqûre de rappel. Les effets dun étrange virus contracté au Vietnam : celui de cette aventure, même encadrée. Besoin de moustiquaire 5/5 et de cachets de Micropur, de douches à laide deau de pluie puisée à lécope dans un baril Besoin dailleurs, besoin daller vers ces autres couleurs, ces peaux généreusement cuivrée, ces sourires francs Besoin de vivre cette aventure en étant bien, en ne connaissant plus cette once de souffrance qui me collait à la peau avant, même à Hanoï. Envie de jouïr là-bas du fait dêtre mieux, même si ce nest que leffet de lantidep Lantidep Bonheur intravein doucement réussi. Moi qui vivais comme une boule de flipper hérissée de lames de rasoirs qui traversait la vie à 200 à lheure, je me sens toujours étonné de mextasier devant un simple rayon de soleil, quelques minutes de soleil en plus, le plaisir de regarder un DVD Je suis toujours surpris de me sentir heureux Contre coup : des choses qui me paraissaient sans couleurs avant me deviennent insupportable ; cest le problème de sortir du brouillard. Tout ce qui me semblait " gris " se résume maintenant à du blanc et du noir Si jai beaucoup de plaisir à jouer de la basse sur des musiques Tamla Motown avec un accompagnement sur mon PC (ma dernière folie : Guitar Pro), je memmerde résolument à Déciphonie et même Feelings Ras le bol de ces titres ennuyeux, ces mélodies convenues, la douce classitude marginale et emmerdante du chant choral Besoin dautre chose. Il est temps de tirer le rideau Le problème et malheureusement le même avec les gens Certains memmerdent au plus haut point et je ne parviens plus à donner le change. Moi qui étais connu pour aimer tout le monde tant je me détestais, me voilà à ménerver contre des cons qui nont même pas le mérite dêtre silencieux mais deviennent insupportables De linédit. Bref, à une répétition de Feelings pour préparer le mariage de Julie, on me demande de jouer une chanson damour guimauve. Je refuse et coupe le Trace Eliott Pas de " jenvoie valser " à la basse. Non pas que je naime pas Zazie, le problème nest pas là. Mais la basse napporte absolument rien à cette valse ; voilà tout. Le claquement de lampli quon coupe résonne comme un coup de feu. Le chef négocie. " Niet. " Je ne le rallumerai pas. Jai déjà boycotté Brassens. Lors dun vote : les choriste étaient à 50/50 ; jai fait basculer le vote. Elle a eu beau mexpliquer que cest un grand du public intello ; il memmerde toujours. Je nai pas raison, et je le sais. Mais je men fous Un peu plus tard, toujours pour le mariage de Julie, on me demande de jouer " là où je temmènerai " de Pagny. Le Top. Moi jaurais uniquement accepté de jouer " je trace ! " (surtout pour un mariage !) et encore. Là je métonne : " quest ce que cest que cette merde ?" On mexplique : le fiancé de Julie adore cette chanson Ben tiens : je ne supporte pas ce type : chasseur, pêcheur, maîtrise dhistoire chiant comme la mort, passionné de Pastis et heureux de se bourrer la gueule, mentalité " mas tu vu ? ". Je fais quand même un effort en posant de ou trois " pops " et deux " boum boum " de basse Arrangement téléphoné largement suffisant pour ce " grand classique " Quand les choristes arrivent enfin, jen ai déjà raz le bol. La chorégraphe ne peut pas mencadrer. Cest réciproque. Elle hait la basse. Elle ma un jour demandé de la baisser alors que je ne mentendais même plus jouer. Marrant. Je maccorde, elle me dit que la basse joue trop fort ! Je joue une note sur le fameux Pagny sur lequel elle met en place la choré ; elle maffirme à nouveau que cest trop fort. Je ne joue plus du coup, jécoute le mix des deux guitares et du piano. Elle revient et me demande de baisser la basse qui joue beaucoup trop fort ! (mon silence devait être trop poussé, sans doute !) Je coupe alors le son, fait semblant de jouer pendant 15 mn, puis attrape un Ric Hochet qui traîne dans la salle de répét " Panique à Porquerolle. " Quand on arrive au Brassens. Je fous tranquillement le camps. Je ferme doucement la porte sans la claquer. Le bruit résonne pourtant dans la tête de la chef qui mappelle le soir. Tranquillement, je regarde le portable vibrer avec un éclat bleu Je men amuse et ne réponds pas Au niveau professionnel, cest un peu pareil. Le " chef " veut réorganiser le service et le " faire bosser " Moi, je men fous un peu. Je travaille. Je passe mon temps en consultation, bilan, rééducation, tests, dans les centres sociaux et les écoles, je vois mal ce que je peux faire de plus. Jai une amélioration importante sur environ 70 % de mes dossiers, cest déjà pas mal Je reçois pourtant régulièrement ses notes de service assassines sur internet (ça arrive carrément chez nous !) : mail empoisonné toujours sympa à ouvrir. Jen ai ouvert un à 23 h 00, un soir, je nai pas su mendormir du coup avant 4 h du mat. Bref, on passe pour un service de fainéants. Cest un peu vrai du reste : pas mal de collègues ne foutent pas grand chose. Moi, je cours comme un abruti, mais finalement, comme jaime beaucoup ce travail, jen retire pas mal de plaisir. Pourtant les engueulades, les notes de service et les menaces sont collectives et on les prend tous en pleine gueule sans savoir à qui elles sont adressées. Je ne me suis jamais laissé faire. En fait, cest étrange, mais je nai jamais eu peur de la hiérarchie. Je ne sais pas pourquoi. Même quand jétais instit, jétais déjà comme ça. Près à monter au front, ce que jai dailleurs souvent fait, sans aucune inquiétude. Alors maintenant ! ! ! Mais les punitions collectives ménervent et me touchent quand même Va savoir si je ne suis pas coupable à leurs yeux. Je me sens incompris. Etrangement, ce sont les gens avec qui je travaille qui me défendent lorsque le " chef " enquête sur mon efficacité et mes présences et absences Les collègues des écoles et institutions où je travaille viennent eux même men parler. Lautre se ridiculise tout seul ! Marrant ! Bref, je suis finalement facilement apprécié des autres dans mon travail, le principal problème de ma communication à moi demeurant les relations sociales (jy reviendrai). Quand à lautre banane, outre que je lui claque ma façon de penser, parfois enrobée dune ironie douce amère, il ne me fait absolument pas peur, et jenvisage sereinement, et sans souci un transfert vers un autre Centre loin de sa connerie hiérarchique. La peur du changement ne me tyrannise plus Jai dû grandir Le problème principal est que je commence à voir des chapeaux là où les enfants dessinent des éléphants dans des boas Mais il ma bien fallu grandir Il ny avait pas dautres solutions. Allez savoir si cest le bien ou le mal qui est fait |
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| Lundi 12 Mars :
" Dingues fringues " Nouvelles transformation étrange chez moi. Pas vraiment étrange au fond. Disons plutôt imprévisible. Je marchais dans une galerie marchande pour aller acheter un journal quand mes yeux se sont posés sur des fringues Ce nest pas trop mon truc les fringues (euphémisme). Cela fait plusieurs mois que jécris que je ne suis pas satisfait de mon look, sans trop savoir comment le reconsidérer Je me plains, je râle, je rend responsable ma gueule de niais (qui ny est, soyons réalistes, quand même, pas pour rien) ; et je me désespère Mon look, je nai jamais trop su le choisir. Jai souvent tenté de le calquer sur celui des personnages de légende qui peuplent mon cinéma : James Dean dans la Fureur de vivre, Delon dans le Samouraï, Steve Mac Queen dans Bullit La plupart du temps, la quête qui sensuivait était vaine : comment retrouver lallure, même simplement générale dun homme du passé, dune ombre de celluloïd et de Kodachrome ? Bref, impossible de retrouver le négligé époustouflant de Steve Mac Queen, le pull en Shettland négligemment jeté sur la chemise de popeline blanche Dailleurs, même si il était moyen dapprocher ce cliché, je nen avais pas les clés : je ne savais pas où acheter quoi Traînant dans des magasins grand public aux accents utilitaires. Le monde de la séduction métait interdit. Mon but était simplement de me vêtir, séduire, cétait autre chose. Acheter des vêtements pour séduire, cétait vaguement condamnable, un rien interdit au fond Et là, finalement, jai été rattrapé du fond de moi. Tout surpris dentendre une parole surgir de mon inconscient : " mais cette chemise est sympa ! " Je navais même pas eu conscience davoir regardé dans le magasin de fringues, mais javais reçu linformation, comme le résultat dune opération mathématiques qui simpose de lui même Bien entendu, jétais préparé à ça. Par des myriades dinterrogations que je me posais, par mes intenses discussions avec Virginie sur le look. Par cette recherche constante que jai en moi daméliorer mon aspect. Et là, finalement, les choses simposaient toutes seules Sans histoires Je change sans histoire. Ma vie sétale en couleur pastelles. Elle ne me convient pas vraiment, mais au moins elle ne me heurte plus. La guérison ma amené cette normalité sans intérêt quil devient inutile de raconter Jai limpression de ne pas être au bout de quelque chose mais dêtre sur le chemin de la réussite. Mais jai aussi lintuition dun énorme manque dintérêt. De linutilité massive de raconter ces choses là Je devient tristement banal et normal. Et je naurais jamais cru que jaurais pu y trouver le moindre intérêt. Mais la réalité est là. Lenvie de changer me pousse en avant et modifie les choses que je prenais à lenvers. mes imaginaires images daventurier seffacent. Mes chaussures montantes ont été reléguées aux oubliettes, larguées, plaquées sans regrets sur lautel des baskets. Remplacées par des " pumas " filiformes et intégralement noires satinées. Mes chemises sont moins uniformes, relayées par de larges tee shirts. Mes jeans eux mêmes ont déteints Ce tissus que je ne pouvais accepter que dans la mesure où il était noir, commence à se délaver. Le bleu se décline en Basic et en Stone Doucement, mon aspect change Je disparais doucement, pour renaître autrement Peut être quenfin les changements internes commencent à se manifester à lextérieur. Je commence à non pas me créer une autre image, mais simplement davoir enfin laspect de celui que je suis devenu. Je ne midentifie plus aux héros de cinéma, aux personnalités de grand déchirés des pellicules sépia Je commence à chercher les images qui me sont accessible, de me modeler comme nimporte quel " homme grand public " En pumas et jeans Stone washed, et non plus éternellement en noir Je décline mes idéaux dhomme normal en accessoire : lunettes opaques, branches métal Mon onde glisse en envie moins ostencibles Wittner les dit plus authentiques : il a sans doute raison. Plus envie dune 206 orange, mais envie dun charme brittish, de gris doré, de vert profond Plus envie de look racing, mais envie de confort doux, chaleureux Quelque part, la vie me rattrape, elle membourgeoise aussi violemment, mais les choix se télescopent parfois Il faut simplement parfois accepter de se chercher. Je sens bien que je ne me suis pas trouvé, que je suis toujours en recherche de look, mais enfin, je me sens sur la route Après tout le bonheur est sans doute à ce prix. |
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| Mercredi 25 avril
2005 : Manuel à lusage
dEmmanuelle
Rentré du ski. Presque comme dhab Une semaine de surf. Quelque chose qui devient banal et très coûteux. Je sens doucement que je suis au bout de quelque chose, que je nai plus vraiment cette envie. Cela fait des années que je fonctionne à lhabitude, mais maintenant, je nai plus envie dhabitudes. Je prends conscience Je traîne dans cette institution sans attraits pour moi. Tout est conçu pour la famille. Ça ne me heurte plus, comme avant, mais cela mest inutile Je prends un méchant coup de vieux houellebecquien en remarquant que les lolitas, ventre à lair, ne me remarquent même plus et se tournent vers le charmes dados abordables Il est loin le temps où je faisais se retourner les filles Mêmes les vieilleries de mon âge sont furieusement inabordables, le nez enfoncé dans leurs assiettes Au fond, je men fous. Le fil à la patte de mon portable mapporte sans arrêts des nouvelles de Virginie et maide à rester dans le droit chemin. Du reste le " tortueux chemin " mest interdit depuis des années, je ne vois pas pourquoi ça changerait Je ne vais plus aux animations " sociales ". Je les trouve bien trop beaufs. Et même les endroits où parfois je brillais comme un strass sans éclats ne mattirent plus. Je boycotte sans états dâme le karaoké. Je file à ma chambre, me place le lecteur MP3 sur les oreilles et un livre dans les mains, et je chavire doucement vers une soirée solitaire et appréciée. Jai la même chambre que lannée dernière. Avec la même délicieuse maman-célibataire (qui ressemble un peu à France) et ses deux enfants. Elle ma gratifié de deux bonsoir glacials qui mont ôté toute illusion. Au fond, ça na aucune importance. Pour la première fois depuis que je pars en avril, la neige sest fait la malle. Et tous les matins, nous prenons le bus pour rejoindre dautres massifs : Argentière et ses Grands Montets, Flaine et son Grand Massif, Avoriaz qui nous ouvre les portes du soleil. Dans le bus collectif qui mamène à Avoriaz, je suis seul et je regarde le paysage défiler. Comme au fond du Vietnam, je mévade en solitaire à coup de MP3. Lennon mentraîne, just like starting over. Fanny que je supporte de moins en moins, se trouve au premier rang, depuis quelle sest copieusement gerbée dessus en dégueulant dans un sac troué Du coup, grands seigneurs et de craintes dêtre éclaboussés, surtout, les gens lui cèdent la place de lavant. Et moi, je savoure enfin ma tranquillité. Moi qui apprécie la solitude, on aura tout vu ! Autour de moi, des ados en combi chahutent et les paires de baffes se perdent. Une gourde comme Fanny, perd un bâton qui roule sous les sièges Emmanuelle, ma jolie voisine " de chambre " , (je suis à la A 205, elle est à la A 206), parle avec gentillesse à son petit garçon et le tartine de crème solaire Jaime bien la manière dont elle réveille son enfants. Je lentends, tous les matins les éveiller avec une voix chantante et pleine de soleil. Ça me donne la pêche moi qui suis pourtant de mon côté entortillé sous les draps avec une intense envie de continuer à dormir Jaime bien entendre des parents sympas avec leurs enfants. Ça me change de mon travail où la violence et lindiffèrence dominent parfois. (pas toujours pourtant !) Des gens discutent " diesel " derrière moi. Ça parle de " plein ", dautonomie, de réservoir... Ils importent des polluantes particules, jusque dans les conversations au sein ce décor pourtant virginal Moi, je me laisse emporter par le paysage et Lennon, et jimagine un jealous guy. Là journée est belle Je fonce sur mon surf ; la glisse me donne toujours autant de sensation. Jaime beaucoup ce plaisir intense. Cette sensation de planer, de voler parfois Cette idée dêtre dailleurs. Les sensations me portent et memportent. Jaime ce sport, jaime ces montagnes, jaime cette vie : ça me change. Le soir, rentré, Virginie mappelle. Je retrouve sa présence apaisante. Sa petite voix, ses mots damour. Je traîne dans le parc de la résidence, longe lArve qui passe au bout du parc avec un bruit de torrent. Mes pumas noirs et mon jean " basic stones used " se détachent sur la caillasse blanche de la rive Mes vieilles ray bans filtrent les rayons solaires Personne ne me remarque plus, je ne suis plus le " bel homme " que je rêvais dêtre Les flots dadolescentes et de jeunes mamans fraient dans lallée sans maccorder un regard, mais cela mais égal. Je me sens juste enfin un homme, plus vrai sans doute, et ça, cest lessentiel. Les jours se succèdent. Bien que jaie de plus en plus de mal à gérer mon fric, je moffre un surf, dans les derniers jours, tant jai souffert sur lépaisse planche à découper quon ma loué cette année ! Je commence à céder aux achats plaisir : on a vraiment flingué la fourmi qui était en moi Plus envie dêtre retenu dans mes envies de vitesse Et puis, vient le dernier vendredi. Nous, nous restons le week-end en plus pour faire lascension de deux sommets locaux. Les autres gens font leurs bagages. Demain, nous skierons encore le matin avant de rejoindre Didier et Isabelle pour une après midi de rando à lassaut dune cascade haut perchée. Nous rentrons épuisés de Flaine. Fanny traîne dans sa chambre, je rejoins Isabelle et Didier sur lénorme terrasse qui longe nos chambres et se transformes en un énorme patio privatif Je mabats, sur un fauteuil de jardin. Isabelle parle de travail, je mengourdis dans une forme de sommeil. Le soleil du soir cuivre un peu plus ma peau. Je maime bronzé, même si au fond, je ne cherche plus vraiment la séduction. Ma relation pseudo-amoureuse et sensuelle avec Virginie me suffisant amplement Je me sens cool. Tranquillement installé dans ma vie. Je sens bien que rien ny est construit et si cette construction me fait peur et si je la fuis tant elle est prématurée, je sais bien et je ressens certains manques. Ils nont pas assez dimportance pour briser ce sentiment de sérénité qui me prend. Même si il ne sagit pas de plénitude, cest largement aussi agréable : la plénitude est une rivière tranquille, qui ne laisse pas de place à laventure, ni au bruit des torrents Je sors un peu de mon demi-sommeil quand Isabelle, ménageant son suspense, me dit : " au fait, tu vas men vouloir ! ". Je suis bien incapable den vouloir à qui que ce soit. Je me sens ici comme de passage, comme en ascèse, ne redoutant, ni le retour, ni nayant envie de rentrer Je suis dans une totale acceptation Une agréable acceptation Ma vie va plus vite, ma vie me plaît plus Je lève quand même un il discret Isabelle sourit : " je tai fait louper une occasion ! " Personne ici, ne connaît ma relation avec Virginie. Normal donc quIsabelle puisse parler ainsi. Didier sourit : " une jolie occasion ! " Japprends ainsi que Lui et Isabelle ont offert aux gens qui randonnaient avec eux une synthèse sur nos situations maritales : le plus souvent, les gens se trompent. Comme je surfe avec Fanny et que Didier passe ses journées de randonnée avec Isabelle, on nous prend pour deux couples amis. Fanny et moi, sommes peu à linstitution qui norganise que des randos et promenades en raquettes et du ski alpin. Nous, en surf, jouons radicalement, les francs tireurs. Ce qui rajoute au mystère. Ce midi là, donc, assis contre le mur dun refuge, Isabelle et Didier exposent la situation : un seul couple, et deux célibataires Et là, ma jolie voisine répond : " Ah, et je napprends ça que maintenant ! Je croyais que cétait ton copain ! " dit elle à Isabelle ; et sur un ton de reproche, regrette que celle-ci ne le lui ait pas dit avant. Isabelle sexcuse en plaisantant Le guide de la rando en rigole Emmanuelle se fait boudeuse : "il ne me reste que ce soir pour " le brancher ! ". Didier explose de rire avec un sourire en coin qui en dit long. Je me sens vaguement flatté, et gêné aussi. Un peu comme un ado, ravi que la séduction ait marché sans du tout avoir la moindre envie daller plus loin Encore que, basiquement, lidée dune nuit dans les bras dEmmanuelle ne serait pas pour me déplaire. Jaffiche un air distant Pour Isabelle, " les carottes sont cuites ", elle ma " fait perdre " loccasion Pour Didier et Fanny en revanche, rien nest moins sûr Fanny surgie de nimporte où, mais ayant visiblement entendu, me conseille de " venir à la soirée dansante de ce soir " Parce que " la dernière nuit pourrait être belle ". Pour excitante quelle soit cette perspective meffraie Je sais pourtant maintenant pouvoir compter un peu plus sur mes compétences sexuelles : Camille et surtout Virginie ayant balayé tous mes doutes en la matière ! Cette crainte latente nest donc pas lié à ma " supposée défaillante virilité " comme avant, mais bien à autre chose Ces quelques phrases suffisent à faire galoper mon imagination à toute allure Cette perspective, même si elle est pourtant bien prématurée, me touche un peu. Je ne peux pourtant pas dire que je nai pas pensé à la possibilité dune aventure ici, puisque jai glissé dans mon sac, à tout hasard, quelques préservatifs Pourtant, déjà, une forme de fidèlité à Virginie, me décide et mentraîne Je compare le poids de mon imaginaire (les préservatifs glissés dans mon sac et le fantasme de la jolie fille ouverte et peu regardante rencontrée pour une seule nuit), et la réalité qui dépasse ma fiction et mamène dun coup à ne pas les utiliser, par fidélité tout simplement, à une Virginie qui pourtant, vu notre relation peu serrée (mais suivie), ne " pourrait (selon elle) me reprocher un écart vu quelle nest pas systèmatiquement disponible pour moi." Sous la douche, je regarde mon bide de manière diffèrente. Mon corps me donne une véritable envie de vomir : leau ruisselle sur mes jambes durcies et dessinée. Travaillées et sculptées par quelques jours de surf, et surtout des années de moulinage VTT, sport que je reprends de manière de plus en plus assidue. Mais mon ventre flasque, où commence à se dessiner un début de promontoire bientôt disgracieux, et les douces poignées qui envahissent mes hanches me dégouttent. Quand à mes bras, mes épaules, tout est flasque, moche, vide, blanc Je ne ressens rien dérotique dans cette enveloppe de bientôt quadra Pauvre Emmanuelle, elle serait bien déçue, si elle savait Comme Camille qui imaginait mon corps comme " aussi séduisant " que tout le reste Ce quil nétait pas Les souvenirs me reviennent, vieux dune année déjà, comme Emmanuelle mavait abordé dans le hall, quand elle était à la recherche de son petit garçon qui portait une polaire claire Maman isolée que javais trouvée pleine de charme. Et de cette année aussi, ce croisement, glacial, un matin, à la porte de nos chambres : elle, en été qui partait en rando au soleil, dans la vallée, moi en habits de ski, qui partait vers les sommets enneigés. Comment aurais-je pu deviner au ton glacial quelle avait employé et à son regard fuyant, quelle éprouvait cette soi disant attirance pour moi ? Je me souviens aussi de ce moment où mes yeux étaient tombés sur elle, malgré moi, dans la salle à manger le linstitution Mon regards qui se perdait et séchouait parfois dans ces moments dennui, finissait souvent sur le visage dune jolie fille, ou femme Elle avait croisé mon regard et lavait détourné violemment, gênée. Le contact coupé mavait montré quil était vain dimaginer quoique ce soit Finalement, je métais sans doute trompé Mon tee-shirt vietnamien passé sur ma peau nettoyée cache par son ampleur, la misère dun corps juste un peu trop gros Pourtant, je mange peu, je fais du sport, mais le médicament avec lequel je me " dope " tous les matins, fait grossir. Et contre ça, je ne peux rien Le repas est calme Je ne pense plus trop à Emmanuelle Je me dis que de toutes façons, tout cela est bien léger, que ma nullité est en moi. Et quà la première conversation avec moi, mon empèsement, ma timidité de gros bêta, mauraient démoli en moins de temps quil ne faut pour le dire Quoiquelle dise, il y a de toutes façons bien loin dici au lit de la belle Et mon incompétence dans les relations sociales suffirait à tout démolir De tout cela finalement, rien ne me gêne. Jen reste au plaisir de lillusion, celle du " jaurais pu ", celle plus tendancieuse du " il aurait pu ", qui simprime sans doute aussi dans la tête de Fanny, Didier et Isabelle. Je reste un drôle de type, près finalement, à ne pas coucher avec Emmanuelle mais ravi de lépingler comme une conquête, un succès destime Le soir nos G.O. nous proposent une version remixée du Roi soleil. Moi qui ne suis ni pour les beaufs G.O, ni adorant (euphémisme), les comédies musicales, ne suis pas certains de my rendre La " possibilité dune île ", ajoutée à un album de Coldplay, mattirerait tout autant. Nous nous y rendons pourtant, juste pour entrevoir techniquement, comment les G.O. ont pu monter cela. Le résultat, mi-théâtre de boulevard, mi-collaro/les nuls, est lamentable, comme on sen doute. Le play back est complet, et certains G.O ne se donnent même pas la peine de le tenir Mazarin a un accent du 93 à couper au couteau et Louis XIV a tout de Patrick Sébastien Mais Emmanuelle a surgit devant nous. Elle est très fraîche et jolie. Un large chemisier léger et rayé de rose et dorange recouvre doucement son jean Ses cheveux courts balaient une nuque blanche et attirante. Elle prend une chaise pour se poser devant nous et me gratifie dun large sourire Qui en fait surgir un autre, dès quelle se retourne, sur les visages dIsabelle et de Didier Leur histoire se trouve authentifiée dun coup. Je ne sais pas ce qui se passe en moi, ce mélange de plaisir et de flatterie. Cette envie, sans doute, de coucher avec Emmanuelle, après deux ou trois salades. De découvrir son corps voilé derrière ce chemisier, de faire surgir ses gémissements Et en même temps, une forme de non désir, une envie dautre chose, comme si ce plaisir net et brut, méchappait déjà, comme si il métait inutile, comme si jy avais déjà accès, avec Virginie, sans besoin de plus. Comme si je navais pas envie de collectionner Comme si javais besoin de non mensonge, de respecter Virginie Comme si le simple plaisir de la séduction me suffisait, sans la moindre envie de passage à lacte. Le fait est évident, simpose drastiquement à moi : je nai pas besoin de passage à lacte. Pas envie non plus. Emmanuelle vient trop tard. Javais besoin de ça, jen avais envie, mais avant. Cette relation sexuelle et sensuelle sans avenir et sans histoire je lavais longtemps attendue, mais avant Virginie Là, cest trop douloureux de faire mal à Virginie, de lui mentir, de ne pas la respecter Cest tout simplement inenvisageable, quel que soit lattrait du corps dEmmanuelle Finalement, il ny a pas de prolongation : à la fin du roi soleil, Emmanuelle va coucher ses enfants pour pouvoir être tranquille pour la soirée dansante. Je rentre dans ma chambre pour rejoindre Houellebecq et Coldplay. Japprendrai demain quEmmanuelle me cherchera, viendra demander à Didier où je suis Didier gêné répondra que je suis parti dans ma chambre Emmanuelle ira se coucher, apparemment un peu triste. Fanny déplorera ma fuite, mon manque denvie " de conclure " Isabelle haussera les épaules A ce moment là sans doute, jécrirai un sms à Virginie. Le lendemain, je croiserai Emmanuelle, concernée par son départ, le nez dans le guidon, accaparée par ses enfants, sans doute humilié par ma fuite, elle ne répondra pas à mon sourire. Ni à mon " Bonjour ! " qui se voudrait aussi doux que ceux quelle donnait à ses enfants le matin Elle ne répondra pas à mon signal " destime ". Et,je ne laurai pas volé Pourtant, je lemporterai avec moi, dans mes rêves, dans mes deux journées de montagne qui resteront, elle sera un peu là En rentrant vers N en suivant les panneaux Paris, je penserai longtemps à la jolie institutrice de Cergy Pontoise, qui moffrait, Dieu sait quoi ? Lamour, une nuit de plaisir, une envie de reconstruire sa vie ? Je nen saurai jamais rien Je suivrai des yeux un Avantime qui nous doublera en suivant la direction Nancy Metz, en me blottissant dans mes rêves déternel adolescent qui ne veut pas se mettre en danger ni vieillir Je saurai déjà quEmmanuelle restera en partie en moi, tant elle ma donné sans rien me donner, tant elle ma permis de grandir et de sauver mon estime de moi, sans que moi, salopard égoïste, je ne lui donne rien |
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Sergent Pepper Busy Minds Club band : Autres Journaux "d'Introspections" (continue ou non) : "He came in through the bathroom windows" : Chat fou (Félin équilibriste.) "The long and winding road" : Phantom of the Opera : (derrière le masque.) "All things must pass" : Neev (Au delà du cynisme votre ticket reste valable...) "Another Day" : DB (Sous les jupes des fonctionnaires !) "All the Lonely people..." : Victor Victoria (where do they all come from ?) "I saw here standing here" : Fabienne (sinusoïde ascentionnelle.) |
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Exile on main street : Autres Journaux "témoins" (de célibataires ou non) : "Midnight Rambler" : Manu (une autre vision d'une situation proche.) " Mother little helper": Ganelor (histoire d'un instituteur.) "Wild Horses" : Guilty (écorchée vive.) |
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Entre parenthèses : Clothed ; ils reprendront peut être un jour : "A hard day's night" : Remboy (Un homme ordinaire extra !) "A Day in the life" : Iaka "Polythene Pam" : Lulie (Clown Blanc - à lire entre les lignes !) "All the lonely people..." : Célibattu (toute ressemblance avec intimes-idées ...) |
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| Intimes-idées est mis à jour de manière de plus en plus irrégulière... Je reconnais les inconvénients qui peuvent naître de cette parution aléatoire... Si vous voulez être avisé des parutions du journal, envoyez-moi juste un mail avec votre adresse e-mail à : alpine.blue@wanadoo.fr Vous serez ensuite prévenus des mises à jour. | |||||
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